Qu'est-il permis d' E S P E R E R ?



Chaque espoir exprime une attente mêlée d'incertitude.
On dit que «tous les espoirs sont permis» tant qu'on n'est pas certain de l'impossibilité de voir nos vœux se réaliser.

«J'espère qu'il fera beau demain, j'espère ne pas avoir oublié mon porte-feuille, j'espère que le parachute va s'ouvrir»... Il existe d'innombrables cas de figures dans lesquels il nous est permis d'espérer, compte-tenu des probabilités, mais on remarque aussitôt des différences d'importance - notamment selon les risques encourus - ce qui nous invite à classer nos espérances en leur attribuant plus ou moins de valeur selon les conséquences qui se retrouvent ainsi mises en jeu dans un calcul de satisfaction.

Cet automobiliste espère qu'aucun gendarme ne le verra traverser un carrefour au feu rouge, tandis qu'un autre espère pouvoir passer au vert tranquillement, sans qu'aucun contrevenant ne provoque d'accident en venant inopportunément le croiser juste à ce moment-là... On s'aperçoit ici que nos espérances sont souvent égoïstes, même si l'occasion nous est parfois offerte de pouvoir espérer faire plaisir à autrui, mais qu'elles peuvent s'avérer plus ou moins dignes de ce qu'on pourrait espérer justement d'une humanité civilisée.

Dans certaines circonstances où les enjeux sont très graves, nous sommes parfois conduits à prendre des décisions éthiques plus ou moins difficiles, voire cornéliennes. Un policier a-t-il le droit d'abattre un dangereux criminel au risque de mettre en péril la vie d'une personne prise en otage, sous prétexte qu'il espère atteindre son but, du fait qu'il a confiance en lui? Faut-il avant tout espérer que l'enfant qui vient au monde puisse vivre malgré une malformation du fœtus, ou espérer tout d'abord la survie de la mère en train d'accoucher, tout en sachant qu'elle avait congelé ses bébés précédents?

Le champ couvert par cette question (Qu'est-il permis d'espérer?) est immense.
Il révèle que nos souhaits commencent par des envies instinctives, mais s'étendent à des désirs plus nobles, allant jusqu'aux aspirations les plus élevées dans la hiérarchie de nos valeurs morales. Cela peut concerner des cas d'urgence, ou bien des idées générales en relation avec des interrogations permanentes, qui considèrent par exemple que le TOUT est plus riche que la simple addition des parties qui composent l'ensemble, mais s'en soucier nous renvoie généralement à une anxiété latente qui mérite de nous interpeller, dans la perspective d'éclairer notre conscience au sujet du sens de notre existence.
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LA LOGIQUE DE LA FOI révèle le sens d'une existence qui espère en l'être.  

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Dans leur presque totalité les hommes ont mis leur esprit au service des forces instinctives qui habitent la composante primitive de leur cerveau.

Hélas, les instincts ne sont rien d'autre que des réflexes conditionnés qui envisagent les sensations et les sentiments
comme une nourriture qu'ils croient indispensable à la vie.
C'est pourtant la vie qui procure les sentiments, et non pas l'inverse: mais ils confondent la cause et les effets !

Ce comportement est normal chez les enfants:
du fait qu'ils ont besoin d'établir des points de repères pour structurer leur personnalité,
ils commencent par collectionner tout un fatras de références toutes neuves,
comme pour faire une sorte d'esquisse (de leurs perspectives futures)
basée sur leurs impressions simplistes, agréables ou pénibles, en jouant.


Mais cette routine s'installe, et la plupart des adultes continuent à s'accrocher fortement à ce processus rudimentaire (au lieu d'aiguiser leur conscience) jusqu'au point de devenir esclaves de leurs anciens réflexes immatures : ils s'habituent à percevoir machinalement chaque sensation et chaque sentiment comme une sorte de nourriture dont ils désirent faire provision, comme c'est le cas quand on collectionne des photos-souvenirs.
On appelle ça l'attachement.

Or inconsciemment, chacun(e) estime que
«si on m'a remarqué(e), cela prouve que j'existe».
Donc «ça me rassure de l'éprouver aux yeux des autres»:
car pour l'instinct, être reconnu(e) permet de ressentir la vie en soi.

D'où l'importance que revêt le statut social:
pour «exister» davantage, beaucoup de gens rêvent de devenir célèbres
par désir de connaître l'impression sécurisante de maîtriser une gloire
procurant au cerveau reptilien l'assurance d'être réputé bel et bien vivant.

Ainsi les êtres primitifs ne vivent que par et pour les sensations
(qui prodiguent le sentiment d'exister) en vue de satisfaire leurs instincts.
Voila comment le souci du «qu'en dira-t-on» est devenu un automatisme
qui confond naïvement les causes, les effets, et les faux-semblants, et qui
présume avidement que l'apparence témoigne du triomphe de notre valeur.

Le dessin ci-contre représente les crâneries crédules de dames avides d'éprouver
le sentiment de succès que produit le regard d'autrui (tel un gage de noblesse) .
Il en résulte tout un commerce frivole qui fait tourner le monde dans la vanité
pendant qu'un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes sur notre planète.

Or les matières premières s'épuisent à cause de l'hyperconsommation fallacieuse.
Malgré quelques personnes lucides adeptes de la simplicité volontaire
(à l'instar de Serge Latouche, Paul Ariès, et quelques autres autres)
la population assoiffée d'égards futiles ne voit pas que
si on se met au service des automatismes instinctifs, il nous emprisonnent,
parce que ces forces primitives qui nous habitent obscurcissent la conscience
du fait qu'elles sont incapables de prendre du recul pour raisonner correctement.
                       
                       

Le cerveau reptilien (le serpent de la Bible) fonctionne par réflexes égoïstes, et il ne saurait pas philosopher au sujet du sens de notre existence. La célèbre métaphore du fruit défendu évoque notre principal problème existentiel sans bien expliquer que l'instinct veut amasser des sensations de vie, en faire provision pour les conserver en souvenir, comme pour stocker de la nourriture par peur d'en manquer. Or le fruit de la connaissance du bien et du mal, c-à-d la conscience, nous procure le sentiment de ce qui est juste: cette intuition qui nous permet d'établir le fil conducteur de nos déductions logiques, n'est pas destinée à être mangée. Il ne convient pas de la traiter vulgairement comme une substance consommable du monde physique.

Malheureusement le mécanisme primitif qui nous habite est avide de détenir des références comparables à des photos-souvenirs procurant des sensations qu'il voudrait assimiler. Il réagit comme si même les pensées saines et les sentiments harmonieux n'étaient rien d'autre qu'une sorte de pitance matérielle. Car il les considère comme une énergie nutritive constituant l'enjeu de notre subsistance.
L'être humain agit souvent à la manière d'un chien qui va enterrer un os au fond du jardin... A travers l'ensemble des comportements automatiques qui mobilisent les hommes, on peut observer qu'en conséquence notre instinct primaire vise l'avoir et non pas l'être.

Sa tendance à la ruse nous trompe («je maîtrise les repères de ma cohérence»), car l'avidité instinctive est du genre à faire n'importe quoi pour consommer avec plaisir, absorber en quantité, engloutir à sa guise («je suis ce que j'ai en moi») quasiment sans discernement. Alors lui obéir bêtement obscurcit la conscience, qui perd sa capacité à distinguer le bien du mal, car (à force de s'attacher aux possessions) elle se met automatiquement à confondre l'être et l'avoir: ainsi l'humanité encore immature veut acquérir de plus en plus et maîtriser n'importe quoi, (beaucoup de gens sont fiers de conduire une voiture puissante et jolie) au lieu de reconnaître ce qui distingue véritablement les nobles qualités de la vie, donc en s'intéressant très peu aux valeurs morales qui déterminent la vertu d'être, comme l'amour altruiste, la pureté d'intention bienveillante, le don de soi, etc...

Le monde se gave de plaisirs capricieux, sans en mesurer les conséquences sur la stagnation de la pensée, qui s'alourdit et perd son intuition.

La recherche de plaisir sans signification est nécessairement insensée.

Cette banalisation instinctive opère un nivellement des intelligences vers le bas, et notre société tend à s'enliser dans la médiocrité des consciences stagnantes (c-à-d qui ne progressent pas). Même ceux qui se présentent comme des professionnels de l'esprit ne mesurent pas la gravité de cet égarement, du fait qu'ils émettent des jugements affectés par le bourrage de crâne matérialiste. Etant donné qu'ils font rarement l'effort de développer leurs facultés spirituelles, la plupart ne savent pas que les âmes communiquent et s'influencent à distance, car ils n'en ont pas l'intuition.           (mettons à part les adeptes de la nouvelle «étiomédecine» qui commence à émerger).
La plupart des religieux ignorent notamment tout ce que décrit par ailleurs la médecine antique chinoise, que votre serviteur expérimente depuis la fin des années quatre-vingt, tout en vérifiant chaque jour son exactitude.
Or celle-ci nous apporte des indications subtiles qui coïncident remarquablement avec les écrits de la Genèse au sujet de la vie qui se raccourcit quand on ne respecte pas ce que cette science enseigne: en fait nos cellules seraient capables de se renouveler indéfiniment (comme celles qui sont cancéreuses), et de perpétuer notre vie éternellement. Mais les fautes de nos ancêtres ont altéré ce processus, parce que l'état d'esprit des hommes se répercute sur la santé de leurs corps physiques, et cette perversion s'est transmise à toutes les générations suivantes.

Sciences et religions devraient collaborer pour le bien commun.

C'est ce que pense le scientifique Trinh Xuan Thuan, comme l'avaient fait Bahá'ú'lláh et bien d'autres avant lui (lire Edgar Cayce), plutôt que de polariser nos sociétés sur le profit en prescrivant (par exemple) du Médiator. Cela étant, les civilisations très avancées d'un lointain passé ont expliqué en détail les interférences que telle ou telle émotion produit sur tel ou tel organe... Par exemple, la colère détériore le foie, la tristesse affaiblit les poumons (on peut mourir de chagrin), une trop grande joie abîme le cœur (et peut provoquer une crise cardiaque), la peur dégrade les reins (même si elle est inconsciente), et ainsi de suite... Réciproquement, les reins malades amoindrissent la volonté, la stagnation de l'énergie de la rate provoque des ruminations de pensées malsaines et de l'anxiété, la fatigue de la vésicule biliaire nous empêche de décider entre plusieurs choix quand il faudrait passer à l'action, etc... Cependant ce phénomène héréditaire s'avère réversible quand on fournit de grands efforts spirituels pour y remédier. (Perfectionner son être demande de la patience et beaucoup de travail.) L'important est d'accepter les informations que nos sens nous transmettent sans se révolter contre ce qui est, car cela revient à se fâcher contre la vie, ce qui déclenche en nous-mêmes un processus émotif qui altère petit à petit les organes concernés par nos rejets: pour bien faire, il faudrait accéder au détachement (et cela favoriserait la créativité).

Toutes les grandes religions préconisent le détachement.

Le fléau de l'avidité instinctive s'accentue depuis quelques dizaines d'années parce que les progrès techniques mettent à notre disposition une multitude de plaisirs faciles, qui invitent chacun à obéir spontanément à de nombreuses tentations qui sollicitent nos inclinations primitives aveuglées. Ce laisser aller devient donc pour beaucoup une habitude, et ainsi la plupart des hommes se soumettent à leurs envies instinctives, en craignant inconsciemment de manquer de vie. Il s'ensuit un réflexe conditionné qui s'imagine les sensations et les sentiments comme une sorte de nourriture que les gens immatures veulent accumuler, par automatisme, même si c'est insensé de vouloir posséder et consommer toujours plus, dans le contexte maladif d'une société frénétiquement absurde: «Ce que tu as, je ne l'ai pas, donc tu m'empêches d'avoir ce que tu as pris». Or de cette idée naît une jalousie inepte puisqu'elle porte souvent sur des qualités qui ne posent aucun problème de partage. En effet il n'y a pas lieu d'éprouver du dépit à cause des aptitudes d'autrui: par exemple, l'intelligence des autres ne retire rien à la mienne. Mais les envies de renommée conduisent les humains à un conformisme stéréotypé: ils se comportent comme des somnambules qui suivent un troupeau de zombies (presque sans conscience et sans morale) en croyant que se soumettre à la mode est valorisant, alors que cela dénote au contraire la médiocrité d'une faiblesse banale.

Cette dépendance confond l'amour (altruiste) et l'attachement (égoïste).
 
Cette même altération du bon sens s'exprime aussi chez ceux qui voudraient qu'on se dévore les uns les autres, puiqu'ils préconisent d'établir une «concurrence libre et non faussée», dont l'égoïsme rusé s'oppose radicalement à l'intelligence de l'entraide, au partage, à la solidarité, et aux élans de générosité d'une manière générale. Les arnaques spéculatives et les agressions se multiplient. Les pays riches n'en finissent pas de piller les pays pauvres. On vérifie aisément que l'autojustification vaniteuse des gens superficiels («la loi du plus fort») n'est qu'une attitude immature qui ne s'intéresse guère aux vraies valeurs telles que l'authenticité d'un cœur pur. Et la niaiserie des compétitions sportives devient de plus en plus consternante. Après les matches on observe du dopage, des disputes, des beuveries, des bagarres, on brûle des voitures, on casse des vitrines, et parfois il y a des morts. «Vive le sport!» Et des milliers de personnes voyagent en avion pour encourager ce gaspillage d'énergie aberrant, pendant que des peuples agonisent dans la misère, le plus souvent à cause de cet état d'esprit de compétition qu'on retrouve dans les guerres commerciales.

Presque toute la société vit dans l'imposture: ces femmes et ces hommes qui espèrent que leur propre image leur permettra de manipuler le regard d'autrui, se complaisent dans cette vanité en se disant intimement «mon succès prouve que j'ai raison». Cette attitude maquillée leur procure un plaisir illusoire, qui leur donne l'impression de maîtriser tous leurs repères: le jugement des autres constituant leurs références, ils pensent dominer la situation - c-à-d «mettre les gens dans leur poche» - alors qu'ils en sont esclaves (puisqu'ils font tout pour la galerie). C'est l'arroseur arrosé.

C'est comme si ces gens déclaraient: «Tant pis si ce dont j'ai l'air n'est que le résultat d'une somme d'artifices, et peu importe si ma cervelle peut se comparer à celle d'une poule qui trouve un couteau.» Car en voulant impressionner les autres, la majorité des humains se dupent eux-mêmes, sans mesurer l'importance de l'authenticité émanant du noyau fondamental de l'être. Cet égarement pervertit les esprits à un tel point que certaines esthéticiennes parlent de maquillage «naturel» sans même comprendre que se farder, c'est nécessairement un artifice, c'est-à-dire, par définition, une fausseté contraire à l'état naturel authentique, un subterfuge qui voudrait que l'amour et le don de soi s'obtiennent avec de la tricherie.

On n'estime pas la grandeur d'un être par le biais d'un trompe-l'œil.

Un malaise général se répand à cause de la tendance inconsciente à rechercher du plaisir superficiel, rien que pour le plaisir: car en vérité pour se sentir réellement bien on a besoin d'être totalement en accord avec soi-même; autrement dit d'agir lucidement, sincèrement, et d'une manière spontanément sensée, donc en résonance intime avec notre aspiration profonde à la cohérence, et non pas de rechercher un plaisir futile pour lui-même, donc illusoire car sans signification. L'inconscience commune, caractéristique de cette mouvance malavisée, est l'apanage des conflits intérieurs que notre société immature n'a pas su élucider.

Or une telle inconséquence collective est toxique pour les esprits, puisqu'elle obscurcit les consciences. Il en résulte des mensonges, des tromperies, des escroqueries, des violences et des suicides qui se multiplient, ce qui ne se produit pas chez les gens intègres qui recherchent justement des satisfactions profondément légitimes, avec la bonne foi d'une conscience limpide, qui harmonise véritablement leur vie intérieure dans l'authenticité.

Cette paix intérieure exige en général un travail sur soi-même, qui ne peut être efficace qu'en ayant recours à des techniques spirituelles. Mais elle s'établira d'autant mieux qu'on agira franchement pour le bien de l'humanité, donc pour la faire progresser en l'améliorant,

ce qui donnera du sens à l'existence, tout en clarifiant les consciences.


En vérité, par essence,
nous sommes tous habités par cette aspiration supérieure qui vise la cohérence, au plus profond de notre être.

La cohérence va de pair avec la bonne foi.

Il s'agit d'un souffle d'amour qui nous transcende, et qui nous permet d'espérer l'amélioration progressive de l'humanité.


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