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“AU COEUR DE LA JALOUSIE, LE REFUS DE LA PAROLE”
Le symptôme majeur de la jalousie : l'ignorance
“Le symptôme majeur de la jalousie
réside dans l'ignorance que nous en avons.
Nous n'en voulons rien savoir
et nous ne savons rien de ce vouloir.
Bien des comportements altruistes sont des constructions
qui reposent sur la pierre dure d'un refus de l'autre,
d'un frère, par exemple, au temps de la précocité,
c'est-à-dire un refus dont nous ne voulons rien savoir
puisque nous ne savions rien de ce vouloir au moment où il a eu lieu.
Cette ignorance est d'autant plus redoutable qu'elle s'ignore
si personne n'a été le témoin du trouble qu'elle provoque
en nous détournant du chemin de la vérité qui parle.
Dans aucun sourire, aucun regard, aucune écoute, aucun reproche même,
il n'aura été reconnu que nous nous trompions nous-mêmes.
Non symbolisé en tant qu'acte de refus de la parole,
le mensonge se fait passer pour la vérité,
et cette confusion empoisonne toute rencontre.
Plus il redouble de bonne volonté,
plus celui qui en est le porteur s'éprouve comme étranger,
voire étrange vis-à-vis de celui qu'il rencontre.
Souvent, alors, l'ouverture sociale de l'adulte
est le signe de la fermeture du coeur pour l'enfant
puisque cette ouverture apparente esquive la reconnaissance
de ce qui cherche à se dire en lui.
Et ce mensonge inconscient n'aura jamais fini de ronger,
tel un ver, les poutres de la maison.”
(...)
“Au stade précoce, dans ce moment où le cri échoue à être interprêté,
avant même que le bébé - l'infans - ait accédé au langage,
la violence de la jalousie où il naît, faute d'être entendue et symbolisée par un adulte,
sera tapie, comme une bête, comme un monstre endormi,
au coeur du mutisme, de l'anorexie ou de l'indifférence.
Il en sera ainsi chez ces enfants polis et anesthésiés
dont on s'acharnera d'abord à croire qu'ils sont gentils...ou timides...
ou simplement bien raisonnables pour leur âge.”
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