“On pense que l'esclave est celui qui agit par commandement
et l'homme libre celui qui agit selon son bon plaisir.
Cela cependant n'est pas absolument vrai,
car en réalité être captif de son plaisir
et incapable de ne rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile,
c'est le pire esclavage,
Le plaisir pour le plaisir, ça n'a pas de sens. (voir le chapitre ATTACHEMENT)<<< NB
et la liberté n'est qu'à celui qui de son entier consentement
vit sous la seule conduite de la Raison.
>>> ce qui suppose d'être détaché. <<< NB
Quant à l'action par commandement, c'est-à-dire à l'obéissance,
elle ôte bien de quelque manière la liberté,
elle ne fait cependant pas sur-le-champ un esclave,
c'est la raison déterminante de l'action qui le fait.
Si la fin de l'action n'est pas l'utilité de l'agent lui-même,
mais de celui qui la commande,
alors l'agent est un esclave, inutile à lui-même;
au contraire, dans un Etat et sous un commandement
pour lesquels la loi suprême est le Salut de tout le peuple,
non de celui qui commande,
celui qui obéit en tout au souverain
ne doit pas être dit un esclave inutile à lui-même mais un sujet.
Ainsi, cet Etat est le plus libre,
dont les lois sont fondées en droite Raison,
car dans cet Etat, chacun, dès qu'il le veut, peut être libre,
c'est-à-dire vivre de son entier consentement
sous la conduite de la Raison.” (...)
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